Les Banques Centrales, le plus grand pouvoir non élu du Monde Moderne

  Le pou­voir caché des banques cen­trales La vidéo de la chaîne Mécaniques Financières explore l’his­toire des banques cen­trales comme une prise de pou­voir silen­cieuse et pro­gres­sive. Ces ins­ti­tu­tions non élues contrôlent la créa­tion moné­taire, influen­çant pro­fon­dé­ment la vie quo­ti­dienne : achat d’une mai­son, valeur de l’é­pargne, salaires, fac­tures et sta­bi­li­té éco­no­mique. Présentées comme tech­niques et apo­li­tiques, elles opèrent dans une zone grise entre public et pri­vé, exploi­tant les crises pour accu­mu­ler des pré­ro­ga­tives immenses. Les ori­gines – Un pacte pour finan­cer les guerres (1694−1913) Tout com­mence en 1694 avec la Banque d’Angleterre, créée par des ban­quiers pri­vés pour prê­ter au gou­ver­ne­ment bri­tan­nique en guerre contre la France. En échange d’un mono­pole sur l’é­mis­sion de billets, la banque obtient le droit de créer de l’argent via les réserves frac­tion­naires (émettre plus de billets que d’or déte­nu). Ce modèle hybride (pri­vé en pro­prié­té, public en fonc­tions) se répand en Europe : Banque de France (1800, sous Napoléon), Banque d’Espagne, etc. Aux États-​​Unis, la méfiance est forte. Deux ten­ta­tives échouent (First et Second Bank of the United States, dis­soutes notam­ment par Andrew Jackson). Sans banque cen­trale pen­dant 70 ans, le pays connaît des paniques ban­caires mais aus­si une crois­sance explo­sive et peu d’in­fla­tion. La panique de 1907 change la donne : J.P. Morgan sauve le sys­tème, sou­li­gnant la néces­si­té d’un prê­teur en der­nier res­sort. En 1910, une réunion secrète à Jekyll Island réunit ban­quiers influents (Morgan, Rockefeller, Rothschild) pour conce­voir la Federal Reserve (Fed), camou­flée en sys­tème décen­tra­li­sé et public, mais contrô­lée par des banques pri­vées. Adoptée en 1913, elle pro­met sta­bi­li­té. L’accumulation de pou­voir via les crises (1913−1971) L’échec ne dimi­nue pas leur pou­voir, il l’am­pli­fie. La Grande Dépression (1929) voit la Fed aggra­ver la crise en lais­sant la masse moné­taire s’ef­fon­drer, mais elle gagne ensuite plus de pré­ro­ga­tives. Après la Seconde Guerre mon­diale, les accords de Bretton Woods (1944) font des banques cen­trales les archi­tectes du sys­tème moné­taire inter­na­tio­nal, avec le dol­lar lié à l’or. En 1971, Nixon ferme la « fenêtre or » : l’argent devient pure­ment fidu­cière (fiat), sans contrainte phy­sique. Les banques cen­trales contrôlent désor­mais une créa­tion moné­taire illi­mi­tée, repo­sant seule­ment sur la confiance. Les années 1970 voient une infla­tion mas­sive, bri­sée par Paul Volcker (Fed) via des taux à 20 %, cau­sant réces­sion mais res­tau­rant la confiance – au prix d’une dou­leur éco­no­mique impo­sée par un non-​élu. L’ère de l’in­dé­pen­dance et de l’im­pres­sion mas­sive (années 1980 – 2020) Les banques cen­trales gagnent en indé­pen­dance, iso­lées de la poli­tique pour évi­ter l’in­fla­tion élec­to­rale. La BCE (1998) incarne cela : man­dat unique sur l’in­fla­tion (<2 %), sans égard pour l’emploi ou la crois­sance. La crise de 2008 marque un tour­nant : quan­ti­ta­tive easing (QE) crée plus de 20 tril­lions de dollars/​​équivalents pour sau­ver les banques. Conséquences : explo­sion des actifs finan­ciers (actions, immo­bi­lier), enri­chis­sant les riches (effet Cantillon), inéga­li­tés records, salaires stag­nants. La pan­dé­mie de 2020 répète l’o­pé­ra­tion en plus grand (10 tril­lions en 2 ans), dis­tri­bués direc­te­ment (aides), pro­vo­quant l’in­fla­tion de 2021 – 2023 (jugée d’a­bord « tran­si­toire »). Hausses bru­tales de taux suivent, cau­sant faillites ban­caires (ex. Silicon Valley Bank). Qu’est-​ce que l’effet Cantillon ? Imaginez que l’on injecte sou­dai­ne­ment une grande quan­ti­té d’argent neuf dans l’économie. On pour­rait croire que tout le monde en pro­fite pareille­ment, non ? Eh bien, pas du tout. C’est là qu’intervient l’effet Cantillon, du nom de l’économiste Richard Cantillon qui l’a décrit au XVIIIᵉ siècle. L’argent nou­veau n’arrive pas par­tout en même temps. Il coule d’abord vers cer­tains pri­vi­lé­giés : les banques, les grandes entre­prises, les mar­chés finan­ciers, ceux qui sont tout près du « robi­net » moné­taire (aujourd’hui, les banques cen­trales). Ces pre­miers béné­fi­ciaires peuvent dépen­ser ou inves­tir cet argent avant que les prix ne grimpent. Ils achètent actions, immo­bi­lier ou biens de luxe à des prix encore bas : ils s’enrichissent vrai­ment. Puis, petit à petit, l’argent se dif­fuse… et fait mon­ter les prix. Quand il arrive enfin jusqu’aux sala­riés, aux retrai­tés ou aux classes moyennes, tout coûte plus cher, mais leurs reve­nus, eux, n’ont pas sui­vi. Résultat : leur pou­voir d’achat fond comme neige au soleil. En résu­mé, l’inflation créée par cet argent neuf trans­fère dis­crè­te­ment de la richesse des der­niers tou­chés vers les pre­miers ser­vis. C’est une sorte de taxe invi­sible, qui frappe sur­tout les plus modestes et pro­fite aux plus proches du sys­tème finan­cier. Dans notre monde actuel, avec les poli­tiques d’impression mas­sive (comme le quan­ti­ta­tive easing), c’est exac­te­ment ce qu’on observe : les cours bour­siers et l’immobilier explosent d’abord (les riches s’enrichissent), puis l’essence, le pain et le loyer aug­mentent (tout le monde paie la note). Un méca­nisme puis­sant, dis­cret… et pro­fon­dé­ment inéga­li­taire. Le piège de la dépen­dance et la finan­cia­ri­sa­tion L’économie est accro à l’argent facile : créa­tion moné­taire → bulles → infla­tion → hausses de taux → crises → nou­velle créa­tion. Les prix ne reflètent plus la réa­li­té, mais les anti­ci­pa­tions sur les déci­sions des banques cen­trales. La finan­cia­ri­sa­tion récom­pense la spé­cu­la­tion, non la pro­duc­tion. Les États sur­en­det­tés (USA : 36 tril­lions, Japon : 260 % du PIB) dépendent de taux bas ; les banques cen­trales main­tiennent l’illu­sion d’in­dé­pen­dance mal­gré une « domi­nance fis­cale ». Un pou­voir anti­dé­mo­cra­tique et poli­tique Malgré leur pré­ten­due neu­tra­li­té, leurs déci­sions sont pro­fon­dé­ment poli­tiques : redis­tri­bu­tion de richesse (favo­ri­sant déten­teurs d’ac­tifs), finan­ce­ment indi­rect des États, puni­tion des épar­gnants. Décisions secrètes, par non-​​élus nom­més pour de longs man­dats, sans vrai contrôle démo­cra­tique. Les erreurs répé­tées (non-​​prévision de 2008, infla­tion « tran­si­toire ») n’en­tament pas leur pou­voir. Vers l’a­ve­nir – Les mon­naies numé­riques (CBDC) Les banques cen­trales pré­parent les CBDC : argent numé­rique tra­çable, avec poten­tiel de contrôle total (taux néga­tifs, expi­ra­tion d’argent, blo­cages d’a­chats, lien à cré­dit social). Testées en Chine, explo­rées en Europe et aux USA, elles sont ven­dues comme pro­grès mais risquent une dys­to­pie. Une cri­tique du sys­tème Les banques cen­trales, nées pour finan­cer dettes et guerres, servent prin­ci­pa­le­ment le sys­tème finan­cier et les États endet­tés, au détri­ment des citoyens. Elles créent cycles vio­lents, inéga­li­tés et dépen­dance. La vidéo appelle à la com­pré­hen­sion, à la diver­si­fi­ca­tion (actifs réels, cryp­tos) et à plus de trans­pa­rence démo­cra­tique, aver­tis­sant que la perte de confiance pour­rait mener à réforme ou auto­ri­ta­risme accru. Leur pou­voir, le plus grand non élu, dépasse tout empire historique.

Comment créer de l’argent à partir de rien ?

Dans cet entre­tien avec Tucker Carlson (en anglais, mais Youtube pro­pose une tra­duc­tion auto­ma­tique en bas à droite), l’économiste Richard Werner détri­cote la construc­tion de notre sys­tème ban­caire, lequel res­semble par maints aspects à une pyra­mide de Ponzi. Voici les­quels :  Dépendance à la confiance : Comme dans une pyra­mide de Ponzi, le sys­tème ban­caire repose fon­da­men­ta­le­ment sur la confiance des acteurs éco­no­miques. Les dépôts créés par les prêts (argent ex nihi­lo) n’ont de valeur que parce que les gens acceptent ces dépôts comme moyen de paie­ment. Si la confiance s’effondre (ex. : panique ban­caire), le sys­tème peut vaciller, tout comme une pyra­mide de Ponzi s’écroule lorsque les nou­veaux inves­tis­seurs cessent d’arriver. Croissance par endet­te­ment : Dans une pyra­mide de Ponzi, les ren­de­ments pro­mis aux anciens inves­tis­seurs sont payés avec l’argent des nou­veaux inves­tis­seurs. Dans le sys­tème ban­caire, la créa­tion moné­taire par le cré­dit repose sur l’émission de nou­veaux prêts pour sou­te­nir l’économie et rem­bour­ser les dettes exis­tantes (inté­rêts inclus). Si la créa­tion de cré­dit s’arrête, le sys­tème peut se grip­per, car les dettes ne peuvent plus être refi­nan­cées faci­le­ment. Fragilité struc­tu­relle : Werner sou­ligne que les crises ban­caires (comme celle du Japon dans les années 1990 ou la crise de 2008) révèlent la fra­gi­li­té du sys­tème, où les actifs (prêts) peuvent perdre de la valeur si les emprun­teurs ne rem­boursent pas. Cela rap­pelle la dyna­mique d’une pyra­mide, où l’arrêt des flux entrants expose l’insolvabilité du sché­ma. Concentration des béné­fices : Dans une pyra­mide de Ponzi, les orga­ni­sa­teurs (au som­met) pro­fitent le plus. Dans le sys­tème ban­caire, les grandes banques et leurs action­naires tirent des pro­fits sub­stan­tiels de la créa­tion moné­taire (inté­rêts, frais), tan­dis que les risques (crises, défauts) sont sou­vent socia­li­sés (sau­ve­tages par l’État), ce que Werner cri­tique comme une forme d’injustice sys­té­mique.   
Voici une syn­thèse des argu­ments prin­ci­paux de Richard Werner dans cet entre­tien : Prédiction de la crise finan­cière japo­naise : Dans les années 1990, Werner, tra­vaillant comme consul­tant pour la Banque du Japon, a iden­ti­fié des ano­ma­lies dans les flux de capi­taux japo­nais et les prix des ter­rains, qui attei­gnaient des niveaux absurdes (ex. : le jar­din du Palais Impérial de Tokyo valait autant que tout l’immobilier de Californie). Il a conclu que ces phé­no­mènes étaient liés à la créa­tion de cré­dit ban­caire, un concept peu recon­nu dans les modèles éco­no­miques tra­di­tion­nels. En 1991, il a pré­dit une crise ban­caire immi­nente et une réces­sion majeure au Japon, contrai­re­ment aux pré­vi­sions opti­mistes des stra­tèges inter­na­tio­naux, en rai­son de la bulle spé­cu­la­tive sur les actifs (actions et immo­bi­lier) ali­men­tée par le cré­dit ban­caire.  La théo­rie de la créa­tion de cré­dit ban­caire : Werner sou­tient que les banques ne sont pas de simples inter­mé­diaires finan­ciers (pre­nant des dépôts pour prê­ter), contrai­re­ment à ce qu’enseignent les théo­ries éco­no­miques domi­nantes. Selon sa théo­rie de la créa­tion de cré­dit, les banques com­mer­ciales créent de l’argent ex nihi­lo lorsqu’elles accordent des prêts, ce qui aug­mente la masse moné­taire sans trans­fert de fonds pré­exis­tants. Il a effec­tué un test empi­rique en 2014, confir­mant que les banques créent de l’argent par un simple jeu d’écriture comp­table, grâce à une exemp­tion des règles sur les fonds des clients (client money rule), qui per­met aux banques d’inclure les dépôts sur leur bilan. Impact de l’utilisation du cré­dit ban­caire : Werner dis­tingue trois scé­na­rios pour l’utilisation du cré­dit ban­caire :  Achats d’actifs (immo­bi­lier, actifs finan­ciers): Cela ali­mente l’inflation des actifs et crée des cycles de boom et de krach, comme obser­vé au Japon dans les années 1980 et 1990. Ces prêts ne contri­buent pas au PIB, car ils impliquent des trans­ferts de pro­prié­té sans créa­tion de valeur ajou­tée. Consommation : Les prêts à la consom­ma­tion aug­mentent le pou­voir d’achat sans accroître la pro­duc­tion, ce qui génère de l’inflation des prix à la consom­ma­tion (ex. : infla­tion post-​​2020 aux États-​Unis). Investissements pro­duc­tifs : Les prêts pour les inves­tis­se­ments des entre­prises (nou­velles tech­no­lo­gies, pro­duc­tion) sti­mulent une crois­sance éco­no­mique sou­te­nue sans infla­tion, comme obser­vé dans des éco­no­mies à forte crois­sance (Japon post-​​guerre, Chine sous Deng Xiaoping).   Rôle des banques cen­trales et crises orches­trées : Werner argue que la Banque du Japon a inten­tion­nel­le­ment créé la bulle des années 1980 et la réces­sion pro­lon­gée qui a sui­vi, sous la pres­sion des États-​​Unis, pour frei­ner la réus­site éco­no­mique japo­naise. Il cite des preuves (témoi­gnages, don­nées) mon­trant que la crise était pla­ni­fiée pour ouvrir l’économie japo­naise aux inves­tis­se­ments étran­gers à bas prix. Il cri­tique les banques cen­trales, comme la Réserve fédé­rale, pour mani­pu­ler le sys­tème ban­caire afin de pro­vo­quer des cycles de boom et de krach, conso­li­dant ain­si le pou­voir éco­no­mique et poli­tique. Les crises ban­caires, comme celle de 2008, sont évi­tables grâce à des poli­tiques comme l’assouplissement quan­ti­ta­tif (QE) qu’il a pro­po­sé dès 1995.   Proposition d’assouplissement quan­ti­ta­tif (QE ou Quantitative Easing) : Werner a intro­duit le concept de QE pour résoudre les crises ban­caires sans coût pour la socié­té :  QE1 : La banque cen­trale achète les actifs non per­for­mants des banques à leur valeur nomi­nale, res­tau­rant leur sol­va­bi­li­té sans créer d’inflation. QE2 : La banque cen­trale achète des actifs per­for­mants auprès d’acteurs non ban­caires, for­çant les banques à créer du cré­dit pour sti­mu­ler l’économie. QE3 (Treasury QE): Les gou­ver­ne­ments peuvent emprun­ter direc­te­ment auprès des banques locales pour créer du cré­dit, évi­tant les mar­chés obli­ga­taires inter­na­tio­naux. Il note que ces mesures, bien qu’efficaces (ex. : uti­li­sées par la Fed en 2008), sont sou­vent évi­tées pour des rai­sons poli­tiques, favo­ri­sant les inté­rêts des grandes banques.  Critique du sys­tème ban­caire cen­tra­li­sé et CBDC : Werner dénonce la concen­tra­tion du pou­voir ban­caire via la réduc­tion du nombre de banques locales, orches­trée par les banques cen­trales comme la BCE ou la Fed. Cela affai­blit les petites entre­prises, qui dépendent des petites banques pour le cré­dit, et cen­tra­lise le pou­voir éco­no­mique. Il met en garde contre les mon­naies numé­riques des banques cen­trales (CBDC), qui per­met­traient un contrôle cen­tra­li­sé total sur l’argent (via la pro­gram­ma­bi­li­té) et éli­mi­ne­raient les banques com­mer­ciales, reve­nant à un sys­tème de pla­ni­fi­ca­tion cen­tra­li­sée, à l’opposé du modèle décen­tra­li­sé qui a per­mis la crois­sance de la Chine. Conséquences poli­tiques et sociales : Un sys­tème ban­caire décen­tra­li­sé (nom­breuses petites banques) favo­rise une éco­no­mie dyna­mique, des emplois, et une socié­té plus démo­cra­tique, car il répar­tit le pou­voir éco­no­mique. À l’inverse, un sys­tème cen­tra­li­sé concentre la richesse et le contrôle, affai­blis­sant la classe

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