L’effroyable 13 Novembre 2015 selon Thierry Meyssan

Une Décennie d’Obscurité et la Nécessité de la Vérité Dix ans après les atten­tats du 13 novembre 2015 qui ont frap­pé Paris, dont le Bataclan, la France com­mé­more encore ces évé­ne­ments avec une plaie vive et une inter­ro­ga­tion per­sis­tante : à qui ont pro­fi­té ces crimes ? Qui en porte la res­pon­sa­bi­li­té pro­fonde ? Thierry Meyssan, jour­na­liste et ana­lyste géo­po­li­tique, apporte une réponse claire et docu­men­tée, for­gée à par­tir d’ar­ticles publiés en 2015 depuis la Syrie, où il rési­dait alors, et consi­gnés dans son ouvrage Sous nos yeux. Sa thèse n’exo­nère ni les exé­cu­tants jiha­distes ni l’État qui les a ins­tru­men­ta­li­sés, mais pointe du doigt une tra­hi­son fran­çaise à un enga­ge­ment inter­na­tio­nal secret, qui a déclen­ché une riposte mili­taire dégui­sée en ter­ro­risme. Cette affaire illustre la com­plexi­té des rela­tions inter­na­tio­nales : hono­rer sa parole n’est pas une option, mais une obli­ga­tion morale et stra­té­gique. François Hollande, suc­ces­seur de Nicolas Sarkozy, en porte l’en­tière res­pon­sa­bi­li­té poli­tique, au même titre que la Turquie, État orches­tra­teur de la ven­geance. Le Contexte Géopolitique – L’Alliance Secrète France-​​Turquie contre la Libye et la Syrie Tout com­mence en 2011, lors de la guerre contre la Libye menée par l’OTAN. Nicolas Sarkozy, pré­sident de la République, man­date son ministre des Affaires étran­gères, Alain Juppé, pour ral­lier la Turquie à l’o­pé­ra­tion. En échange de son sou­tien – la Turquie mobi­lise alors la tri­bu des Misrata, issue d’an­ciens offi­ciers otto­mans, pour atta­quer Tripoli –, la France s’en­gage par écrit à résoudre la « ques­tion kurde » sans empié­ter sur le ter­ri­toire turc. Cet accord, négo­cié avec Ahmet Davutoğlu (alors ministre turc des Affaires étran­gères), est absurde : un État kurde ne peut exis­ter qu’en Turquie, patrie his­to­rique des Kurdes. Pour contour­ner cela, Paris pro­pose de créer ce ter­ri­toire en Syrie, lors d’une « deuxième manche » après la chute de Kadhafi. Cet enga­ge­ment secret, jamais publié en France ni sou­mis au Parlement – vio­lant ain­si les prin­cipes posés après la Seconde Guerre mon­diale inter­di­sant les trai­tés occultes –, est révé­lé par la presse algé­rienne, pays aux abois diplo­ma­tiques aigui­sés. La Turquie, qui entre­te­nait des liens com­mer­ciaux flo­ris­sants avec la Libye et la Syrie, paie cher son revi­re­ment : pertes éco­no­miques mas­sives et iso­le­ment. Erdogan, convain­cu par la pro­messe, va jus­qu’à éri­ger une ville fan­tôme en Turquie pour accueillir les popu­la­tions sun­nites syriennes expul­sées vers un futur État kurde syrien. Alain Juppé, au lieu d’être jugé pour cette folie, est même pro­mu pré­sident du Conseil consti­tu­tion­nel. Cette alliance scelle le des­tin : la Turquie entre en guerre contre ses voi­sins pour un mirage fran­çais. La Trahison de François Hollande – Un Engagement Absurde Rendu Encore Plus Dangereux François Hollande, élu en 2012, hérite de cet accord Juppé-​​Davutoğlu et s’y engage ini­tia­le­ment. Lors d’une ren­contre à l’Élysée avec Recep Tayyip Erdoğan (alors Premier ministre turc), il fait dis­crè­te­ment entrer un lea­der kurde syrien (pro­ba­ble­ment Saleh Muslim, co-​​président du PYD), qui s’en­gage à res­pec­ter le deal : un Kurdistan en Syrie, non en Turquie. Erdoğan pro­met son aide, et les Kurdes syriens ferment même des écoles chré­tiennes et imposent de nou­veaux manuels pour plaire à Ankara. Mais la donne change avec la bataille de Kobané en 2014 – 2015. Les Kurdes syriens (YPG/​​PYD), sou­te­nus par les États-​​Unis, repoussent l’État isla­mique avec l’ap­pui aérien amé­ri­cain. Washington voit en eux des mer­ce­naires fiables pour la région, mais refuse un État kurde indé­pen­dant pour ne pas frois­ser la Turquie, membre de l’OTAN. Piégée entre son pacte absurde avec Ankara et sa sou­mis­sion aux États-​​Unis, la France opte pour la rup­ture. Hollande reçoit en grande pompe une délé­ga­tion kurde syrienne, menée par une co-​​présidente (pro­ba­ble­ment Asya Abdullah), arri­vée en tenue kaki à l’Élysée – une pro­vo­ca­tion pro­to­co­laire fla­grante. C’est une décla­ra­tion de guerre à la Turquie, qui se sent flouée après avoir sacri­fié ses inté­rêts pour un État kurde fan­tas­mé. Hollande aurait pu, et dû, dénon­cer publi­que­ment l’ac­cord secret, arguant de son irré­gu­la­ri­té (non sou­mis au Parlement). Au lieu de cela, il tra­hit en silence, comme il le fera plus tard avec les accords de Minsk sur l’Ukraine, signés pour gagner du temps et trom­per Poutine – un aveu qui scan­da­lise même la Douma russe, appe­lant à un tri­bu­nal pour « crime contre la paix ». La Riposte Turque – D’Avertissements à une Opération Militaire La Turquie réagit par étapes. D’abord, elle frappe mol­le­ment les Kurdes pour tes­ter la France, espé­rant un revi­re­ment. Sans réponse, Erdoğan – dont la car­rière jiha­diste remonte à l’Afghanistan et à la Tchétchénie – active ses réseaux dji­ha­distes. Il orchestre un atten­tat contre les Kurdes en Turquie même, un car­nage san­glant, et lance un ulti­ma­tum impli­cite à Paris. Devant le silence fran­çais, Ankara passe à l’of­fen­sive : les atten­tats du 13 novembre ne sont pas un acte jiha­diste iso­lé, mais une opé­ra­tion mili­taire sophis­ti­quée, impli­quant des dizaines de par­ti­ci­pants (seuls une ving­taine jugés au pro­cès de 2022). Les assaillants, issus des mêmes cel­lules que ceux de Bruxelles (mars 2016), crient des reven­di­ca­tions : « Ce qui se passe ici, c’est parce que vous avez élu François Hollande ! » (cou­pé par France 2 lors d’une dif­fu­sion récente). C’est une ven­geance d’État, pas une folie indi­vi­duelle. Après Paris, Erdoğan menace l’Union euro­péenne lors d’un dis­cours com­mé­mo­rant la bataille des Dardanelles : « Si vous sui­vez la France sur les Kurdes, les atten­tats vous tou­che­ront. » Quatre jours plus tard, Bruxelles explose ; la presse turque proche d’Ankara jubile. Les Attentats de Paris et Bruxelles – Un Carnage Occulté et un Lien Méprisé Paris et Bruxelles forment une vague unique : mêmes jiha­distes, même com­man­di­taire. Pourtant, la com­mé­mo­ra­tion fran­çaise de 2025 ignore les vic­times belges, moquant leur mémoire et mas­quant la conti­nui­té. Au Bataclan, le mas­sacre est mili­taire : déca­pi­ta­tions (au moins deux têtes, confir­mées tar­di­ve­ment par un magis­trat et un rap­port par­le­men­taire cen­su­ré), exé­cu­tions métho­diques. Les médias fran­çais, par « bien­séance » ou cen­sure, taisent ces hor­reurs pen­dant des années. La police iden­ti­fie et arrête cer­tains assaillants à Saint-​​Denis, déjouant un atten­tat à La Défense, mais le réseau se reforme, menant à Bruxelles. Ces actes ne « n’ont aucun sens », comme l’af­firme Emmanuel Macron : ils en ont un cruel, né de l’in­ca­pa­ci­té des diri­geants à assu­mer leurs risques. Être chef d’État, ce n’est pas un jeu ; c’est pro­té­ger son peuple, non l’ex­po­ser par légè­re­té. Le Déni Officiel, la Censure et les Blessures Inavouées La France

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