Défense et illustration de la liberté d’expression à l’usage des €uropéens

Incroyable ce dis­cours du vice-​président amé­ri­cain JD Vance à la Conférence de Munich sur la sécu­ri­té le 14 février 2025. D’entrée his­to­rique. En voi­ci les points saillants :

Liberté d’ex­pres­sion en Europe :
Vance a affir­mé que la liber­té d’ex­pres­sion “recule” en Europe, cri­ti­quant des cas spé­ci­fiques comme l’an­nu­la­tion d’é­lec­tions en Roumanie, l’ar­res­ta­tion de per­sonnes pour cri­tique fémi­niste en Allemagne, et des cas de cen­sure en Suède et au Royaume-​Uni. Il a sou­li­gné que les démo­cra­ties devraient per­mettre à leurs citoyens d’ex­pri­mer leurs opi­nions pour se renforcer.

Critique de la bureau­cra­tie et de la cen­sure :
Il a repro­ché aux orga­ni­sa­teurs de la confé­rence d’a­voir exclu des élus de par­tis popu­listes, défen­dant le droit à l’ex­pres­sion même des opi­nions contro­ver­sées sous la direc­tion de Donald Trump.

Immigration en Europe :
Vance a appe­lé à un chan­ge­ment de poli­tique face à l’im­mi­gra­tion, men­tion­nant une attaque récente à Munich par un deman­deur d’a­sile afghan. Il a qua­li­fié les migra­tions de masse de “pro­blème le plus urgent” auquel les pays euro­péens sont confron­tés, sug­gé­rant que les élec­teurs n’ont pas voté pour une immi­gra­tion non contrôlée.

Critique des élites euro­péennes :
Il a accu­sé les élites poli­tiques euro­péennes de ne pas écou­ter leurs citoyens, cri­ti­quant le “cor­don sani­taire” autour de l’ex­trême droite en Allemagne et d’autres mesures simi­laires ailleurs en Europe.

Vision amé­ri­caine sous Trump :
Vance a sou­li­gné que les États-​Unis, sous la direc­tion de Trump, ne seraient pas indul­gents avec une Europe décon­nec­tée de ses peuples, met­tant en avant la néces­si­té pour l’Europe de ren­for­cer ses capa­ci­tés de défense et de rééva­luer ses politiques.

Références reli­gieuses et valeurs :
Il a évo­qué sa foi chré­tienne, cri­ti­quant les res­tric­tions aux liber­tés reli­gieuses au Royaume-​Uni et ailleurs, et a uti­li­sé des cita­tions de figures comme le pape Jean-​Paul II pour appuyer son dis­cours sur la démocratie.

Ce dis­cours a été per­çu comme une cri­tique viru­lente des poli­tiques et des valeurs euro­péennes actuelles, une leçon pour les Thierry Breton, Van der Leyen, Macron et autres tenants de l’i­déo­lo­gie de Davos.

(le début sous-​titré en français)

Traduction inté­grale Discours
JD Vance, Discours de Munich février 2025

Bien, mer­ci à vous, et mer­ci à tous les délé­gués et lumi­naires réunis pour la Conférence sur la sécu­ri­té de Munich pour avoir été suf­fi­sam­ment gen­tils pour me don­ner un tel accueil. Nous sommes, bien sûr, ravis d’être ici, nous sommes heu­reux d’être là, et nous par­ta­geons les mêmes valeurs, et vous savez, c’est génial d’être de retour en Allemagne, comme vous l’avez enten­du plus tôt.

J’étais ici l’année der­nière en tant que séna­teur des États-​Unis. J’ai vu David Lammy et j’ai plai­san­té sur le fait que nous avions dif­fé­rents emplois l’année der­nière, mais main­te­nant, c’est le moment pour nous tous, pour tous ceux d’entre nous qui ont eu la chance d’exercer un pou­voir poli­tique par notre peuple, de dire que j’étais for­tu­né d’utiliser ce temps ici pour pen­ser à ceux qui sont à l’extérieur des murs de cette confé­rence, et j’ai été tel­le­ment impres­sion­né par l’hospitalité du peuple d’ici, bien sûr, alors qu’ils se remettent encore de l’horrible attaque d’hier.

Et la pre­mière fois que j’étais à Munich, c’était avec ma femme, qui est ici avec moi aujourd’hui, lors d’un voyage per­son­nel, et j’ai tou­jours aimé cette ville de Munich, et j’ai vrai­ment vou­lu dire que nous avons été très tou­chés par vos pen­sées et prières, et j’espère que Munich et tout le monde affec­té par le mal infli­gé sur cette belle com­mu­nau­té. Nous pen­sons à vous, nous prions pour vous, et nous vous sou­tien­drons cer­tai­ne­ment dans les jours et semaines à venir.

Préoccupations de sécu­ri­té et valeurs européennes

J’espère que ce ne sera pas le der­nier applau­dis­se­ment que je rece­vrai, mais nous nous réunis­sons à cette confé­rence, bien sûr, pour dis­cu­ter de sécu­ri­té, et nor­ma­le­ment, nous réunis­sons ici des lea­ders exté­rieurs, mais pen­dant que l’administration Trump est très pré­oc­cu­pée par la sécu­ri­té euro­péenne et croit qu’une solu­tion rai­son­nable entre la Russie et l’Ukraine peut être trou­vée, et nous espé­rons que cette confé­rence pour­ra contri­buer à faire avan­cer ces dis­cus­sions. Nous savons que les menaces à la sécu­ri­té euro­péenne sont nom­breuses, et nous devons tra­vailler ensemble pour y faire face. Les valeurs euro­péennes que nous par­ta­geons – la démo­cra­tie, la liber­té, et l’État de droit – sont au cœur de nos efforts, et nous devons conti­nuer à les défendre face aux défis actuels.

Et ce qui m’inquiète, c’est la menace qui vient de l’intérieur, le recul de l’Europe par rap­port à cer­taines de ses valeurs les plus fon­da­men­tales, des valeurs par­ta­gées avec les États-​Unis d’Amérique.

J’ai été frap­pé par le fait qu’un ancien com­mis­saire euro­péen soit récem­ment pas­sé à la télé­vi­sion et sem­blait ravi que le gou­ver­ne­ment rou­main ait annu­lé une élec­tion entière. Il a aver­ti que si les choses ne se déroulent pas comme pré­vu, la même chose pour­rait arri­ver en Allemagne également.

Ces décla­ra­tions désin­voltes sont cho­quantes pour les oreilles amé­ri­caines. Pendant des années, on nous a dit que tout ce que nous finan­çons et sou­te­nons l’est au nom de nos valeurs démo­cra­tiques com­munes. Tout, de notre poli­tique envers l’Ukraine à la cen­sure numé­rique, est pré­sen­té comme une défense de la démocratie.

Mais lorsque nous voyons des tri­bu­naux euro­péens annu­ler des élec­tions et des hauts res­pon­sables mena­cer d’en annu­ler d’autres, nous devons nous deman­der si nous nous tenons à un niveau suf­fi­sam­ment éle­vé. Et je dis « nous » parce que je crois fon­da­men­ta­le­ment que nous sommes dans la même équipe. Nous devons faire plus que par­ler des valeurs démo­cra­tiques, nous devons les vivre.

Leçons de la Guerre froide

Dans la mémoire vivante de beau­coup d’entre vous dans cette salle, la Guerre froide a oppo­sé les défen­seurs de la démo­cra­tie à des forces bien plus tyran­niques sur ce conti­nent. Et exa­mi­nons le camp dans ce com­bat qui cen­su­rait les dis­si­dents, fer­mait les églises, annu­lait les élec­tions. Étaient-​ce les gen­tils ? Certainement pas.

Mais grâce à Dieu, ils ont per­du la Guerre froide. Ils ont per­du parce qu’ils ne valo­ri­saient ni ne res­pec­taient toutes les extra­or­di­naires béné­dic­tions de la liber­té. La liber­té de sur­prendre, de faire des erreurs, d’inventer, de construire. Il s’avère qu’on ne peut pas impo­ser l’innovation ou la créa­ti­vi­té, tout comme on ne peut pas for­cer les gens à pen­ser, à res­sen­tir ou à croire ce qu’on veut.

Et nous croyons que ces choses sont cer­tai­ne­ment liées. Malheureusement, lorsque je regarde l’Europe aujourd’hui, il n’est par­fois pas si clair ce qui est arri­vé à cer­tains des vain­queurs de la Guerre froide. Je regarde vers Bruxelles, où les com­mis­saires de l’UE aver­tissent les citoyens qu’ils comptent fer­mer les réseaux sociaux en cas de troubles civils dès qu’ils repèrent ce qu’ils jugent être, je cite, « du conte­nu hai­neux ». Je regarde mon propre pays, où la police a effec­tué des per­qui­si­tions contre des citoyens soup­çon­nés d’avoir publié des com­men­taires anti­fé­mi­nistes en ligne dans le cadre, je cite, « de la lutte contre la miso­gy­nie sur inter­net, une jour­née d’action ».

Je regarde la Suède, où, il y a deux semaines, le gou­ver­ne­ment a condam­né un acti­viste chré­tien pour avoir par­ti­ci­pé à des brû­lures de Coran qui ont conduit au meurtre de son ami. Comme l’a froi­de­ment noté le juge dans son dos­sier, les lois sué­doises cen­sées pro­té­ger la liber­té d’expression ne garan­tissent pas, je cite, « un laissez-​passer gra­tuit pour faire ou dire quoi que ce soit sans ris­quer d’offenser le groupe qui détient cette croyance ».

Préoccupations concer­nant la liber­té reli­gieuse au Royaume-Uni

Et peut-​être ce qui est le plus pré­oc­cu­pant, je regarde nos très chers amis du Royaume-​Uni, où le recul des droits de conscience a mis les liber­tés fon­da­men­tales des Britanniques reli­gieux, en par­ti­cu­lier, dans le col­li­ma­teur. Il y a un peu plus de deux ans, le gou­ver­ne­ment bri­tan­nique a incul­pé Adam Smith-​Connor, un kiné­si­thé­ra­peute de 51 ans et vété­ran de l’armée, pour le crime odieux d’avoir prié silen­cieu­se­ment pen­dant trois minutes à 50 mètres d’une cli­nique d’avortement.

Il n’obstruait per­sonne, n’interagissait avec per­sonne, il priait sim­ple­ment en silence de son côté. Après que les forces de l’ordre bri­tan­niques l’eurent repé­ré et lui eurent deman­dé pour quoi il priait, Adam a sim­ple­ment répon­du que c’était pour le fils à naître qu’il avait avor­té des années aupa­ra­vant avec son ancienne petite amie.

Mais les agents n’ont pas été émus. Adam a été recon­nu cou­pable de vio­la­tion de la nou­velle loi sur les zones tam­pons du gou­ver­ne­ment, qui cri­mi­na­lise la prière silen­cieuse et autres actions sus­cep­tibles d’influencer une déci­sion à l’intérieur d’un rayon de 200 mètres autour d’une ins­tal­la­tion d’avortement. Il a été condam­né à payer des mil­liers de livres de frais juri­diques à l’accusation.

J’aimerais pou­voir dire que c’était un hasard, un exemple iso­lé et aber­rant d’une loi mal rédi­gée appli­quée contre une seule personne.

Mais non, le mois der­nier, en octobre, il y a quelques mois, le gou­ver­ne­ment écos­sais a com­men­cé à dis­tri­buer des lettres aux citoyens dont les mai­sons se trouvent dans ce qu’on appelle des zones d’accès sécu­ri­sé, les aver­tis­sant que même une prière pri­vée dans leur propre domi­cile pour­rait être consi­dé­rée comme une infrac­tion à la loi. Naturellement, le gou­ver­ne­ment a encou­ra­gé les lec­teurs à signa­ler tout conci­toyen sus­pec­té de com­mettre un crime de pen­sée. Au Royaume-​Uni et à tra­vers l’Europe, je crains que la liber­té d’expression ne soit en recul.

Censure aux États-Unis

Et dans un sou­ci d’humour, mes amis, mais aus­si dans un sou­ci de véri­té, je vais admettre que par­fois, les voix les plus bruyantes en faveur de la cen­sure ne sont pas venues de l’intérieur de l’Europe, mais de mon propre pays, où l’administration pré­cé­dente a mena­cé et inti­mi­dé les entre­prises de réseaux sociaux pour cen­su­rer ce qu’on appelle la dés­in­for­ma­tion. De la dés­in­for­ma­tion, comme, par exemple, l’idée que le coro­na­vi­rus avait pro­ba­ble­ment fui d’un labo­ra­toire en Chine. Notre propre gou­ver­ne­ment a encou­ra­gé des entre­prises pri­vées à faire taire les per­sonnes qui osaient expri­mer ce qui s’est avé­ré être une véri­té évidente.

Je viens donc ici aujourd’hui non seule­ment avec une obser­va­tion, mais avec une offre. Tout comme l’administration Biden sem­blait déses­pé­rée de faire taire les gens pour avoir expri­mé leurs opi­nions, l’administration Trump fera exac­te­ment le contraire, et j’espère que nous pour­rons tra­vailler ensemble sur ce point. À Washington, il y a un nou­veau shé­rif en ville, et sous la direc­tion de Donald Trump, nous pou­vons être en désac­cord avec vos opi­nions, mais nous nous bat­trons pour défendre votre droit de les expri­mer sur la place publique, que nous soyons d’accord ou non.

Annulation des élec­tions en Roumanie

Nous en sommes main­te­nant au point, bien sûr, où la situa­tion est deve­nue si grave qu’en décembre der­nier, la Roumanie a pure­ment et sim­ple­ment annu­lé les résul­tats d’une élec­tion pré­si­den­tielle, sur la base de soup­çons fra­giles d’une agence de ren­sei­gne­ment et sous une énorme pres­sion de ses voi­sins continentaux.

D’après ce que je com­prends, l’argument était que la dés­in­for­ma­tion russe avait infec­té les élec­tions roumaines.

Mais j’aimerais deman­der à mes amis euro­péens d’avoir un peu de pers­pec­tive. Vous pou­vez pen­ser qu’il est inac­cep­table que la Russie achète des publi­ci­tés sur les réseaux sociaux pour influen­cer vos élec­tions. Nous le pen­sons cer­tai­ne­ment. Vous pou­vez même le condam­ner sur la scène internationale.

Mais si votre démo­cra­tie peut être détruite par quelques cen­taines de mil­liers de dol­lars de publi­ci­té numé­rique pro­ve­nant d’un pays étran­ger, alors elle n’était pas très solide au départ.

La bonne nou­velle, c’est que je pense que vos démo­cra­ties sont bien moins fra­giles que ce que beau­coup de gens semblent craindre, et je crois vrai­ment que per­mettre à nos citoyens de s’exprimer libre­ment les ren­dra encore plus fortes. Ce qui, bien sûr, nous ramène à Munich, où les orga­ni­sa­teurs de cette confé­rence même ont inter­dit aux légis­la­teurs repré­sen­tant des par­tis tant à gauche qu’à droite de par­ti­ci­per à ces conversations.

Encore une fois, nous n’avons pas à être d’accord avec tout ou même quoi que ce soit de ce que ces per­sonnes disent, mais lorsque des lea­ders poli­tiques repré­sentent une par­tie impor­tante de l’électorat, il nous incombe au moins de dia­lo­guer avec eux.

Pour beau­coup d’entre nous de l’autre côté de l’Atlantique, on dirait de plus en plus des inté­rêts anciens et bien éta­blis qui se cachent der­rière des termes hideux de l’ère sovié­tique comme « més­in­for­ma­tion » et « dés­in­for­ma­tion », sim­ple­ment parce qu’ils n’aiment pas l’idée que quelqu’un avec un point de vue alter­na­tif puisse expri­mer une opi­nion dif­fé­rente, ou, pire encore, voter dif­fé­rem­ment, ou même, Dieu nous en garde, gagner une élection.

Dépenses de défense et sécu­ri­té européenne

Nous sommes à une confé­rence sur la sécu­ri­té, et je suis sûr que vous êtes tous venus ici pré­pa­rés à dis­cu­ter de la manière dont vous comp­tez aug­men­ter les dépenses de défense au cours des pro­chaines années, en accord avec un nou­vel objec­tif. Et c’est for­mi­dable, car comme le pré­sident Trump l’a clai­re­ment indi­qué, il estime que nos amis euro­péens doivent jouer un rôle plus impor­tant dans l’avenir de ce conti­nent. Nous ne pen­sons pas, vous enten­dez ce terme, « par­tage du far­deau », mais nous pen­sons que c’est une par­tie impor­tante d’une alliance com­mune que les Européens s’impliquent davan­tage pen­dant que l’Amérique se concentre sur des régions du monde qui sont en grand danger.

Mais permettez-​moi aus­si de vous deman­der, com­ment allez-​vous même com­men­cer à réflé­chir aux ques­tions de bud­gé­ti­sa­tion si nous ne savons pas d’abord ce que nous défen­dons ? J’ai déjà enten­du beau­coup de choses dans mes conver­sa­tions, et j’ai eu de nom­breuses et excel­lentes dis­cus­sions avec beau­coup de per­sonnes réunies ici dans cette salle. J’ai enten­du beau­coup par­ler de ce contre quoi vous devez vous défendre, et bien sûr, c’est important.

Mais ce qui m’a sem­blé un peu moins clair, et je pense que c’est aus­si le cas pour beau­coup de citoyens euro­péens, c’est exac­te­ment pour­quoi vous vous défendez.

Quelle est la vision posi­tive qui anime ce pacte de sécu­ri­té com­mun que nous consi­dé­rons tous comme si impor­tant ? Et je crois pro­fon­dé­ment qu’il n’y a pas de sécu­ri­té si vous avez peur des voix, des opi­nions et de la conscience qui guident votre propre peuple. L’Europe fait face à de nom­breux défis, mais la crise à laquelle ce conti­nent est confron­té en ce moment, la crise à laquelle je crois que nous sommes tous confron­tés ensemble, est une crise que nous avons nous-​mêmes créée. Si vous vivez dans la peur de vos propres élec­teurs, il n’y a rien que l’Amérique puisse faire pour vous, et d’ailleurs, il n’y a rien que vous puis­siez faire pour le peuple amé­ri­cain qui m’a élu, moi et le pré­sident Trump.

Vous avez besoin de man­dats démo­cra­tiques pour accom­plir quoi que ce soit de valeur dans les années à venir.

N’avons-nous rien appris du fait que des man­dats faibles pro­duisent des résul­tats instables ?

L’importance des man­dats démocratiques

Mais il y a tant de choses pré­cieuses qui peuvent être accom­plies avec le type de man­dat démo­cra­tique que je pense décou­ler d’une plus grande écoute des voix de vos citoyens. Si vous vou­lez pro­fi­ter d’économies com­pé­ti­tives, si vous vou­lez avoir accès à une éner­gie abor­dable et à des chaînes d’approvisionnement sécu­ri­sées, alors vous avez besoin de man­dats pour gou­ver­ner, car il faut prendre des déci­sions dif­fi­ciles pour pro­fi­ter de tout cela, et bien sûr, nous le savons très bien en Amérique.

Vous ne pou­vez pas gagner un man­dat démo­cra­tique en cen­su­rant vos adver­saires ou en les met­tant en pri­son, qu’il s’agisse du chef de l’opposition, d’une humble chré­tienne priant chez elle, ou d’un jour­na­liste essayant de rap­por­ter les nou­velles. Vous ne pou­vez pas non plus en gagner un en igno­rant votre élec­to­rat de base sur des ques­tions comme celle de savoir qui a le droit de faire par­tie de notre socié­té commune.

Le défi de la migra­tion massive

Et par­mi tous les défis pres­sants aux­quels font face les nations repré­sen­tées ici, je crois qu’il n’y a rien de plus urgent que la migra­tion mas­sive. Aujourd’hui, presque une per­sonne sur cinq vivant dans ce pays est venue d’un pays étran­ger. C’est, bien sûr, un record his­to­rique. C’est un chiffre simi­laire, soit dit en pas­sant, aux États-​Unis, éga­le­ment un record his­to­rique. Le nombre d’immigrants entrés dans l’UE en pro­ve­nance de pays non membres a dou­blé entre 2021 et 2022, et bien sûr, il a encore beau­coup aug­men­té depuis.

Et nous connais­sons la situa­tion, elle ne s’est pas maté­ria­li­sée dans le vide. Elle est le résul­tat d’une série de déci­sions conscientes prises par des poli­ti­ciens à tra­vers tout le conti­nent et ailleurs dans le monde sur une décen­nie. Nous avons vu les hor­reurs cau­sées par ces déci­sions hier dans cette même ville.

Et bien sûr, je ne peux pas en repar­ler sans pen­ser aux ter­ribles vic­times dont une belle jour­née d’hiver à Munich a été gâchée. Nos pen­sées et nos prières les accom­pagnent et conti­nue­ront de les accompagner.

Mais pour­quoi cela s’est-il pro­duit en pre­mier lieu ? C’est une his­toire ter­rible, mais c’est une que nous avons enten­due bien trop sou­vent en Europe et, mal­heu­reu­se­ment, trop sou­vent aus­si aux États-​Unis. Un deman­deur d’asile, sou­vent un jeune homme d’une ving­taine d’années, déjà connu de la police, fonce avec une voi­ture dans une foule et brise une communauté.

Combien de fois devrons-​nous subir ces revers affreux avant de chan­ger de cap et d’orienter notre civi­li­sa­tion com­mune dans une nou­velle direc­tion ? Aucun élec­teur sur ce conti­nent n’est allé dans l’isoloir pour ouvrir les vannes à des mil­lions d’immigrants non vérifiés.

Mais savez-​vous pour quoi ils ont voté ? En Angleterre, ils ont voté pour le Brexit, que vous soyez d’accord ou non, ils ont voté pour. Et de plus en plus à tra­vers l’Europe, ils votent pour des lea­ders poli­tiques qui pro­mettent de mettre fin à une migra­tion hors de contrôle.

Maintenant, je par­tage beau­coup de ces pré­oc­cu­pa­tions, mais vous n’êtes pas obli­gés d’être d’accord avec moi. Je pense sim­ple­ment que les gens se sou­cient de leurs foyers, de leurs rêves, de leur sécu­ri­té et de leur capa­ci­té à sub­ve­nir à leurs besoins et à ceux de leurs enfants.

Et ils sont intel­li­gents. Je pense que c’est l’une des choses les plus impor­tantes que j’ai apprises en peu de temps en poli­tique. Contrairement à ce que vous pour­riez entendre à quelques mon­tagnes d’ici à Davos, les citoyens de toutes nos nations ne se consi­dèrent géné­ra­le­ment pas comme des ani­maux édu­qués ou des rouages inter­chan­geables d’une éco­no­mie mondiale.

Et il n’est guère sur­pre­nant qu’ils ne veuillent pas être dépla­cés ou igno­rés sans relâche par leurs lea­ders. C’est le rôle de la démo­cra­tie de tran­cher ces grandes ques­tions dans l’isoloir. Je crois que reje­ter les gens, igno­rer leurs pré­oc­cu­pa­tions, ou pire encore, fer­mer les médias, annu­ler les élec­tions ou exclure les gens du pro­ces­sus poli­tique, ne pro­tège rien. En fait, c’est la manière la plus sûre de détruire la démocratie.

L’importance d’écouter le peuple

Mais ce qu’aucune démo­cra­tie, qu’elle soit amé­ri­caine, alle­mande ou euro­péenne, ne sur­vi­vra, c’est de dire à des mil­lions d’électeurs que leurs pen­sées et leurs pré­oc­cu­pa­tions, leurs aspi­ra­tions, leurs appels au sou­la­ge­ment sont inva­lides ou indignes d’être même pris en consi­dé­ra­tion. La démo­cra­tie repose sur le prin­cipe sacré que la voix du peuple compte. Il n’y a pas de place pour des bar­rières. Soit vous défen­dez ce prin­cipe, soit vous ne le faites pas.

Les Européens, le peuple, ont une voix. Les diri­geants euro­péens ont un choix. Et ma ferme convic­tion est que nous n’avons pas besoin d’avoir peur de l’avenir. Vous pou­vez accueillir ce que votre peuple vous dit, même lorsque c’est sur­pre­nant, même lorsque vous n’êtes pas d’accord.

Et si vous le faites, vous pour­rez affron­ter l’avenir avec cer­ti­tude et confiance, en sachant que la nation se tient der­rière cha­cun d’entre vous. Et pour moi, c’est la grande magie de la démo­cra­tie. Elle ne réside pas dans ces bâti­ments de pierre ou ces hôtels magni­fiques. Elle n’est même pas dans les grandes ins­ti­tu­tions que nous avons construites ensemble en tant que socié­té com­mune. Croire en la démo­cra­tie, c’est com­prendre que cha­cun de nos citoyens a de la sagesse et une voix.

Et si nous refu­sons d’écouter cette voix, même nos com­bats les plus réus­sis n’assureront que très peu de choses. Comme l’a dit le pape Jean-​Paul II, à mon avis l’un des plus extra­or­di­naires défen­seurs de la démo­cra­tie sur ce conti­nent ou ailleurs, « N’ayez pas peur. » Nous ne devrions pas avoir peur de notre peuple, même lorsqu’il exprime des opi­nions qui divergent de celles de ses diri­geants. Merci à tous.

Bonne chance à vous tous. Que Dieu vous bénisse.

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