Vivement la retraite !

C’est éton­nant comme l’on peut se battre, se déchi­rer, voire s’entretuer pour des idées, des dogmes, des opi­nions poli­tiques qui n’ont rien à voir avec les réa­li­tés du terrain.

UN PEU D’HISTOIRE

En 1997, j’étais can­di­dat aux élec­tions légis­la­tives sous la ban­nière de l’US4J, enten­dez : Union pour la Semaine de 4 Jours. Je passe sous silence le résultat.

Or récem­ment, quelle ne fut ma sur­prise d’entendre que des entre­prises décou­vraient, et j’insiste sur « décou­vraient », les ver­tus de ce sys­tème. Mais le COVID était pas­sé par là, ce qui explique tout.

Ceci étant, le but de mon pro­pos n’est pas de vous démon­trer l’intérêt du concept, mais de vous faire part d’une anec­dote : Pierre Larrouturou, ini­tia­teur de l’US4J, quoique bien intro­duit dans les cabi­nets minis­té­riels, n’a jamais pu obte­nir un rendez-​vous avec Martine Aubry, cam­pées sur ses 35 h. Pour quelles rai­sons ? Soit dit en pas­sant, les 35 heures n’ont créé que peu d’emplois en com­pa­rai­son de ce que pro­met­tait la semaine de 4 jours.

QUID DE LA RETRAITE ?

Je ne peux m’empêcher de faire le rap­pro­che­ment entre cet épi­sode et le débat actuel sur la réforme des retraites. A mes yeux, la plu­part des argu­ments avan­cés d’un bord comme de l’autre ne cor­res­pondent en rien à la réa­li­té du ter­rain. En effet :

  • Si tout le monde pou­vait déjà tra­vailler jusqu’à 60 ans, tout irait bien. Car l’on sait que l’âge moyen de sor­tie de la vie active est de 58 ans. On a peu enten­du cet argu­ment. Pour ma part je ne l’ai enten­du que deux fois, mais il n’a pas été rele­vé, alors qu’il me parait essentiel.

Sachant que plus on avance en âge, plus il devient dif­fi­cile de retrou­ver un emploi et que l’indemnisation du chô­mage se réduit, que vont deve­nir les gens entre 58 et 64 ans ?

  • Pour ce qui est du finan­ce­ment, il est des per­sonnes, appa­rem­ment dignes de foi, qui, preuves à l’appui démontrent qu’il n’y a pas de pro­blème à ce niveau. Mais elles n’ont pas voix au cha­pitre. Si cela ne vous rap­pelle rien, moi si !
  • Des dis­po­si­tifs existent déjà depuis des années : « pré-​retraite contre embauche », « retraite pro­gres­sive ». Mais le suc­cès n’est pas au rendez-​vous. Pourquoi ? Peut-​être parce que, contrai­re­ment à ce que l’on veut nous lais­ser entendre, volon­té poli­tique et dési­rs des entre­prises ne vont pas de pair.
  • Enfin, com­ment peut-​on ima­gi­ner qu’une per­sonne, pen­sant être bien­tôt à la retraite, et qui s’en reprend pour deux ans, voire plus, puisse être moti­vé, effi­cace, rentable ?

ÉGALITÉ ?

L’âge est effec­ti­ve­ment sym­bo­lique. C’est pour tout le monde pareil. L’égalité en quelque sorte.

C’est simple, com­pré­hen­sible par le plus grand nombre et donc pra­tique pour la com­mu­ni­ca­tion, mais cela ne cor­res­pond en rien à la réa­li­té du terrain.

Dans ces condi­tions, ne serait-​il pas plus oppor­tun de s’en tenir uni­que­ment au nombre de tri­mestres, ce qui per­met­trait, sans condi­tions d’âge, de s’arrêter à ceux qui le veulent et de conti­nuer à ceux qui le souhaitent.

Autrement dit : l’égalité dans la diversité.

Serge Cognard

Avatar photo

Soslibertés

S'abonner à la
lettre d'infos
Edit Template
S'abonner à la lettre d'infos